10/12/2007

 

Extrait du journal Vers l'Avenir du 10 décembre 2007
 

La betterave en chute libre

Les petits betteraviers de l'est du Brabant wallon s'inquiètent. Le respect des quotas européens les menacent à très court terme.

Le couperet va tomber dans les prochaines semaines. Les sucreries vont devoir s'adapter aux normes européennes et réduire le nombre de terre produisant de la betterave. Une diminution de combien ? «De 20 % d'ici 2010, répond Joseph Vancaster, vice-président du syndicat betteravier de Jodoigne. Mais dans un premier temps, pour le début 2008, on retombera déjà à moins 13,50 %.»

Conséquence : ce sont les petits planteurs vont écoper. Ceux qui produisent moins de 200 tonnes de betterave par an seraient tout simplement menacés de disparition... sur la betterave tout au moins. René Detombes est l'un d'eux. «Je m'y prépare déjà, révèle-t-il, même si officiellement je ne sais rien. Mais c'est dans l'air du temps, c'est vrai.»

L'homme est cultivateur à Enimes, une activité complémentaire puisqu'il est aussi technicien agronome. Comme il est cultive quelque trois hectares de betteraves, il va être touché. Et devra s'adapter. «Tout fermier, philosophe-t-il, doit savoir changer son fusil d'épaule, mais ce n'est jamais agréable. Ce que je vais faire ? Des pois protéagineux.»

Des pois très demandés dans l'alimentation animale. Mais René Detombes sait déjà que son revenu sera inférieur à celui que lui procurait la betterave, un secteur qui a été florissant durant de nombreuses années grâce au prix particulièrement stable du sucre. Mais ces belles années, c'est du passé. Déjà 2006 n'avait pas été fameuse (66 tonnes à l'hectare de moyenne alors qu'un bon rendement est voisin de 70 tonnes).

Combien de cultivateurs de l'est du Brabant wallon, qui rentrent leurs betteraves à Tirlemont, vont-ils être touchés par la mesure ? «859 planteurs wallons et flamands sur un total de 2.334, répond Joseph Vancaster. Dans l'est, ils sont plus de 200 planteurs wallons qui vont être touchés.»

Pour les dédommager, l'Europe a prévu une subvention : 44€ la tonne. A condition de ne pas reprendre la betterave plus tard. Seule exception prévue : passer à plus de 300 tonnes en rachetant des quotas à d'autres agriculteurs désireux d'abandonner totalement la betterave. Mais il ne faut pas rire : un petit cultivateur qui récolte autour de 60 tonnes l'hectare ne sera pas tenté de s'agrandir. Reste donc, avant 2010, à prendre la prime à la reconversion et se tourner, à l'image de René Detombes, vers d'autres cultures. Décidément, l'Europe qui fait du bien d'un côté, fait aussi du mal de l'autre. En donnant à nombre de fermiers la sensation d'être des balles de ping-pong utilisées en fonction d'une économie qui les dépasse. Pour eux, s'adapter est une nécessité.

Marc WELSCH

 

14:16 Écrit par Jean PIRSOUL dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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